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La science montre que vous êtes stupide

Nous ne pouvons comprendre notre cerveau sans le perturber. Nous ne pouvons pas connaître le fonctionnement de notre cerveau sans l'endommager car il nous fait très bien croire que nous savons comment il fonctionne.

par Joe Quirk Le 1 mars 2011

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Joe Quirk est l’auteur de Exult et de It’s Not You, It’s Biology: The Science of Love, Sex & Relationships, un livre scientifique humoristique traduit en 17 langues.

Article publié initialement sur H+ Magazine et sur OWNI.eu et traduit par Stan Jourdan et Martin Clavey.

Photos Flickr CC Troy Holden, TZApimpexposure, Pierre-Brice.H, djwudi et brain_blogger

Vos souvenirs sont de la fiction

Robert Burton décrit une expérience dans son livre On Being Certain: Believing You Are Right Even When You Are Not, que toute personne avec un fort caractère devrait le lire. Immédiatement après l’explosion de la navette Challenger en 1986, le psychologue Ulri Neisser a demandé à 106 étudiants de décrire par écrit où ils étaient, avec qui, comment ils se sont sentis et les premières pensées qui leur sont venues à l’esprit.

Deux ans et demi plus tard, on a rassemblé les mêmes étudiants pour leur demander de répondre à nouveau par écrit aux mêmes questions. Lorsque les nouvelles descriptions ont été comparées avec les originales, elles ne correspondaient pas. Lieux, personnes, sentiments, premières réflexions : les gens avaient modifié leur version des faits. De plus, lorsque les personnes ont été confrontées à leur première description, elles étaient tellement attachées à leur “nouveaux” souvenirs, qu’elles avaient du mal à croire leurs anciennes versions. En fait, la majorité des gens ont refusé de faire correspondre leurs “nouveaux” souvenirs au souvenir initial qu’ils avaient décrit la première fois. Ce qui frappe particulièrement Burton est la réponse d’un des étudiants : « C’est mon écriture, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. »

J’ai vu le film Casablanca au collège. Une des scènes était tellement cucul qu’elle est restée gravée dans ma mémoire. Je me suis souvent récité cette scène à l’eau de rose en riant sous cape pendant les 20 ans qui ont suivi. Puis, trentenaire, j’ai vu le film une seconde fois en attendant avec impatience la fameuse scène. Quand elle est arrivée, j’ai cru voir une tout autre scène ! Les personnages disaient d’autres choses et se trouvaient dans des endroits différents de la pièce. J’ai en plus dû attraper un paquet de mouchoirs. Comment mes souvenirs ont-ils pu à ce point remplacer ce que j’avais vu ? Et comment Rick pouvait-il laisser mourir leur amour comme ça ?

Mais la chose la plus bizarre est qu’aujourd’hui encore, je ne me souviens pas de la scène qui m’a ému lors du second visionnage. Et je me souviens toujours de la scène qui m’a fait rire quand j’étais jeune.

Vous même, vous êtes paumés vis-à-vis de vos propres expériences. Vous avez déjà ré-écrit le paragraphe que vous venez de lire. Fermez vos yeux et résumez ce que je viens de dire. C’est fait ? Maintenant relisez-le, et vous vous rendrez compte que vous ne vous souveniez pas des mots, mais seulement de votre impression de ce que j’ai dit. Une fois dite, votre vague impression est remplacée par la manière dont vous la verbalisez. Le maître de conférence en psychologie cognitive Jonathan Schooler appelle cela “l’ombrage verbal” (ou “verbal overshadowing”).

Combien de temps passez-vous à verbaliser ? A chaque fois que vous parlez, vous détruisez le souvenir de ce que vous êtes en train de dire.

Votre mémoire peut être sélectivement effacée

Les célèbres expériences du neuroscientifique Karim Nader ont démontré que chaque fois que vous vous remémorez quelque chose, vous effacez l’ancien souvenir et en recréez un nouveau.

Pour stocker un souvenir, une certaine structure de protéine doit se former dans le cerveau. Lorsqu’on injecte une substance médicamenteuse à des rats pour perturber la formation de cette structure de protéine pendant qu’ils essayent de se remémorer quelque chose, ils deviennent incapables d’apprendre. C’est là que ça devient bizarre. Lorsqu’un rat devient expert dans un domaine de connaissance – tel que la reconnaissance d’un son qui précède un choc – et que les chercheurs lui injectent le médicament pendant qu’il tente de faire appel à sa mémoire, son souvenir est effacé de manière permanente. Le rat retourne au même état d’ignorance qu’avant son apprentissage. Mais seuls les souvenirs auxquels le rat essayait de faire appel sont affectés par le médicament, aucun autre souvenir n’est touché. Cela signifie que la protéine qui encode la mémoire est reconstruite à chaque fois que le rat essaie d’accéder à la mémoire.

L’anisomycine, la substance médicamenteuse en question, a été utilisée pour effacer de façon sélective la mémoire de personnes tourmentées par des syndromes de stress post-traumatique. Si le patient prend le médicament alors qu’il est invité à se rappeler ses traumatiques souvenirs, sa mémoire s’obscurcit. Certains souvenirs vont prendre des voies différentes via l’hippocampe pour parvenir à la conscience, mais l’intensité des émotions, au niveau de l’amygdale, est amoindrie, devenant vague et indolore.

Se souvenir est un acte de création. Yadin Dudai, professeur à l’Institut Weizmann et auteur de Memory from A to Z, en est parvenu à la conclusion paradoxale que la mémoire la plus parfaite « est celle des patients amnésiques ».

Vous souvenez-vous de la personne qui vous énervait au lycée ? Cela n’est jamais arrivé. Vous avez surévalué l’importance de cet événement. Ne vous tracassez pas à écrire vos mémoires, car elles n’existent pas. Contrairement à la fiction, que vous savez avoir inventée, la mémoire est quelque chose dont vous n’avez pas conscience que vous l’avez inventée.

hey, gros naze, tu ne peux même pas comprendre ce qui s’est passé dans ta propre vie. Comment vas-tu faire pour comprendre ce qui va se passer, pour tout le monde, dans le futur ?

Le sentiment de connaître est dissociable du fait de savoir

Le sentiment de connaître, c’est exactement cela, une sensation.

Le docteur Burton a démontré que l’expérience de connaître arrive indépendamment des “étapes logiques” que vous pensez devoir prendre pour arriver à une conclusion. En fait, elles proviennent de différentes régions du cerveau.

Burton fait l’hypothèse que les troubles obsessionnels compulsifs sont liés à une incapacité à faire l’expérience du sentiment de connaître quelque chose. Peu importe comment le patient se prouve la propreté de ses mains ou que la portière de la voiture est bien fermée, il n’oubliera pas ses clefs, il ne peut juste pas le croire. Il peut savoir que quelque chose est vrai, il ne peut juste pas sentir que cela est vrai. D’autres patients, avec des lésions cérébrales, connaissent aussi des phénomènes similaires entre le fait de savoir et le fait d’avoir la sensation de savoir, si bien qu’ils sont convaincus que la table a été volée et remplacée par une réplique identique, ou bien que leur mère a été kidnappée et remplacée par un sosie imposteur. Ils voient des choses familières, mais n’ont pas le sentiment de les avoir déjà vues.

Exactement comme un savoir précis peut venir sans aucune sensation de le connaître, le sentiment de savoir peut venir sans aucune connaissance. Burton a analysé les retranscription de personnes qui font l’expérience de révélations mystiques : « C’est si limpide ! Tout s’explique ! » – alors qu’ils sont incapables de rentrer dans les détails. L’extase religieuse imprègne une personne avec le sentiment qu’elle sait tout, absolument tout, malgré l’absence totale de faits précis auxquels rattacher leur sentiment. Les révélations mystiques sont indescriptibles, précisément parce qu’il n’y a rien à exploiter mis à part “l’univers” ou “l’entièreté”. Certains épileptiques, au premier stade d’une attaque, décrivent la même extase transcendantale. Vous pouvez faire cette expérience, vous aussi. Si un scientifique vous administrait un stimulus électrique sur votre lobe temporal, vous utiliseriez vous aussi la langue des prophètes.

Notre sensibilité à la sensation toxique de savoir est la raison pour laquelle tous les humains sont atteints de ce que Burton appelle “une épidémie de certitudes”. Participez au prochain sommet sur le transhumanisme, observez si des symptômes apparaissent et attendez de choper le virus jubilatoire.

La raison n’est jamais la raison

Voulez-vous être une personne rationnelle ? Faites attention à ce que vous souhaitez.

Un homme à qui on avait retiré une petite tumeur cérébrale, près du lobe frontal de son cerveau semblait être en bonne forme au départ. Il avait passé tout les tests d’intelligence et avait conservé toutes ses facultés. Mais une fois retourné à la vie de tous les jours, il a été paralysé dans la prise de décisions simples. Pour choisir entre un stylo bleu ou noir, il réfléchissait pendant 20 minutes, assis à son bureau, évaluant consciencieusement les conséquences de chaque option. Famille et amis rapportèrent que l’individu était devenu la personne la plus hyper-rationelle, qui pourrait discuter éternellement des moindres détails d’un conflit d’horaire, lister les avantages et inconvénients de chaque possibilité, incapable de prendre une décision. Les personnes cognitivement normales qui l’écoutaient voyaient toujours son côté raisonnable. Rien de ce qu’il disait sur aucun sujet n’était irrationnel. Mais comme le dit Antonio Damasio, habitué au contact avec les personnes cognitivement déséquilibrées :

Tu as juste envie de taper du point sur la table et de dire : prends une décision à la fin !

Il s’avère que la “preuve” du libre arbitre du théologue médiéval Jean Buridan est fausse. Il prétendait qu’un âne affamé à distance égale de deux bottes de foin serait bloqué sur place s’il n’avait pas de libre arbitre, puisque les deux choix étaient équivalents (L’âne de Buridan est comme la pomme de Newton : les fausses analogies populaires sont les véhicules dans lesquelles les mêmes voyagent).

Je n’ai jamais été un âne équidistant de deux grosses bottes de foin, mais j’ai été un trou du cul équidistant de deux gros bourriquets, et je peux vous le promettre, je ne suis pas resté bloqué. Cela m’a pris peu de temps pour agir selon les circonstances. En fait, moins vous réfléchissez, plus l’action est facile.

C’est comme si le cerveau avait une minuterie automatique, un ressort enroulé, qui déclenchait à un moment donné une pulsion émotionnelle qui nous poussait à faire des choix. Nous n’avons pas évolué pour connaître le monde, mais pour prendre les décisions les plus statistiquement efficientes étant donné les connaissances et le temps limité dont nous disposons. Sans impulsion pour clôturer le débat, aucune décision n’est possible par pure rationalité. Avec un peu de réflexion, les différentes possibilités offertes paraissent tout autant valables les unes que les autres. La raison est un outil destiné à servir d’impulsion, pas ce qui provoque la décision. Vous pouvez raisonner pour vous amener à la conclusion que vous vouliez. La volonté est la clé.

Peut-être que la névrose est une impulsion peu développée pour l’emporter sur la rationalité démente. Vous pouvez remarquer que les gens stupides ne souffrent pas de névrose. Ce ne sont que les gens comme Woody Allen qui vous rendent fou à repenser chaque considération. Il faut que quelque chose prenne le dessus sur la paralysie de l’analyse, et cela ne peut pas être l’analyse…

Nous admirons la vertu de la décision de nos idoles, leur capacité « d’agir par instinct » sans être perturbés par des considérations intello. Mais bien sur, la confiance d’un leader n’est pas fondée sur l’anticipation de l’effet domino de sa décision. Les leaders agissent de manière décisive avec une morale clairvoyante dans un état d’ignorance. C’est pourquoi nous les suivons. Leur absence de doutes est contagieux.

Aviez-vous envie de croire aux argumentations scientifiques qui montrent la possibilité de ne pas vieillir avant que des leaders y croient ?

Pourquoi cette réponse vient-elle juste de vous venir à l’esprit ? Pourquoi les réponses devraient-elles faire ‘ding’ dans votre tête, après tout ?

Vous ne savez pas pourquoi vous venez de penser cela

Les neuroscientifiques Michael Gazzaniga et Roger Sperry ont constaté que les personnes qui ont un corps calleux (le pont entre le cerveau droit et gauche de l’épaisseur d’un pouce) rompu, agissent avec deux “volontés” différentes. Chacune ayant à peu près la moitié de nos capacités globales, elles opèrent indépendamment sous le même crâne, sans consulter l’autre avant de prendre une décision. Histoire vraie : la main gauche enlève un T-shirt, tandis que la main droite le reprend et le remet. La main gauche devient tellement frustrée qu’elle tente d’étrangler la personne  comme Steve Martin dans The Man With Two Brains.

L’hémisphère gauche est en charge du langage. L’hémisphère droit est en charge de la vue. Si vous montrez furtivement l’image d’une cuillère à l’œil du cerveau droit d’un patient atteint d’une section du corps calleux, il vous dira qu’il ne voit rien. Si vous lui demandez de prendre un objet par la main qui correspond à l’hémisphère droit, le patient prendra la cuillère qu’il prétendait ne pas voir tout en étant incapable de savoir ce qu’il tient dans la main.

Lorsque Sperry a montré furtivement un écriteau “MARCHE” à l’hémisphère droit en charge de la représentation visuelle, le patient s’est levé et a traversé la pièce. Mais lorsqu’on lui a demandé pourquoi il venait de le faire, il (le cerveau gauche en charge du langage) a répondu : « Pour avoir un coca. »

Imaginez l’étonnement de Sperry à ce moment là, alors qu’il connaissait la véritable raison du déplacement du patient. L’hémisphère du langage parvient à émettre spontanément une réponse, mais le propriétaire du cerveau n’en avait aucune idée.

Un poulet a été montré à l’hémisphère gauche tandis que l‘on a montré une chute de neige à l’autre. Puis, lorsque Sperry a demandé au patient de choisir l’image qui correspondait à ce qu’il avait vu, la main contrôlée par l’hémisphère gauche pris une griffe, et la main contrôlée par l’hémisphère droit saisit une pelle. Intéressant… les deux hémisphères peuvent indépendamment et simultanément choisir une image qui correspond indirectement à ce qu’ils ont vu.

Ensuite, Sperry a demandé pourquoi il avait choisi une griffe et une pelle. Ce à quoi le patient a répondu sans hésitation : « Oh, c’est simple : la griffe de poulet va de paire avec le poulet, et vous avez besoin d’une pelle pour nettoyer le poulailler ». Si chaque hémisphère peut spontanément créer du sens à chaque action, il faut se demander comment des parties plus subtiles de notre cerveau trouvent des raisons pour justifier les actions d’autres parties du cerveau. Si des petits mensonges passent d’une partie du cerveau à l’autre, pourquoi ne se passerait-il pas la même chose entre les plus petites parties du cerveau ?

Pourquoi avez-vous choisi ces ingrédients pour votre petit déjeuner ce matin ? Pourquoi sortez-vous toujours avec ce con ? Pourquoi ne respectez-vous pas votre régime alimentaire ? Pourquoi considérez-vous la source la plus fiable comme la raison pour laquelle vous agissez ? Rien ne vous a dit de prendre un Coca. Vous avez choisi un Coca, n’est-ce pas ?

Vous êtes le pire juge de vous-même

Hey, couillons, les sciences cognitives démontrent que vous n’êtes pas assez brillants pour réaliser à quel point votre vie est un bordel, parce que vous êtes configurés pour vous raconter à vous même une belle histoire après que les faits se sont produits. Microseconde après microseconde, votre neocortex invente une histoire qui dit : « Je voulais faire ça ». Votre conscience pense être Sherlock Holmes, mais en fait elle n’est que Maxwell Smart, qui se promène dans la vie en se tissant des excuses cohérentes pour maintenir une illusion de contrôle.

Par exemple, regardez votre propre vie, bande de lopettes. Combien de fois avez-vous fait tout foirer en blâmant les autres ? Et combien de fois êtes-vous tombé par hasard sur des trucs intéressants, et ensuite avez prétendu que vous aviez fait exprès ?

Plus de fois que vous ne le pensez. Des expériences astucieuses d’appels à la mémoire montrent comment nous inventons des discours pour justifier ce qui s’est passé. Nous pensons que nos vies ont un sens en regardant en arrière et en sélectionnant les éléments qui constituent une histoire cohérente, puis nous altérons inconsciemment tous ces événements pour confirmer ce que nous voulons croire à propos de nous mêmes.

Quand nous nous auto-évaluons, nous sommes tous sensibles au phénomène du lac Wobegon : quand on interroge les gens, la plupart des gens s’estiment plus intelligents, plus attirants, plus optimistes, plus charismatiques, et moins subjectifs que la moyenne. Même si vous êtes meilleurs que la moyenne dans un de ces domaines, les chances que vous battiez la moyenne dans ces cinq domaines est faible. Il y a des chances que vous soyez même en dessous de la moyenne dans plusieurs de ces domaines. Comment je le sais ? Je suis plus intelligent, plus charmant, un meilleur leader et moins partial que la plupart des gens !

J’ai eu la chance de parler à la terreur de ma classe de lycée, qui m’a parlé de la façon dont la vie lui avait été favorable. J’ai alors décidé de lui mentionner le fait que c’était la première rencontre non-violente que nous avions. Il a évoqué un handicapé mental qui avait été frappé plus fort que moi et s’est vanté que tout le monde évitait ce gamin quand lui-même était dans les parages. Je l’ai regardé poliment, intrigué par l’illusion qu’il avait de lui même. Je me rappelle de lui comme de quelqu’un d’irrémédiablement et continuellement méchant. Pendant un moment, j’ai remis en question ma propre maturité, l’innocente victime de sarcasme aurait dû applaudir au lieu de se battre, mais j’ai un peu plus réfléchi.

La raison a sa propre conscience. Mais ce n’est même pas elle qui est cause.

Votre bras vous laisse penser que vous le contrôlez

Avez-vous déjà abandonné cet article ? Pourquoi vous le lisez encore ? Parce que ça ne dépend pas de vous. Vous ne pouvez même pas choisir quand vous cliquez.

Dans une célèbre expérience, Benjamin Libert a placé des électrodes sur la tête et sur les bras des cobayes pour faire des électroencephalogrammes  et des électromyogrammes, puis leur a demandé de bouger les doigts quand ils le voulaient. Libet a constaté que l’activité motrice du cerveau démarrait un quart de seconde avant que le sujet devienne conscient du choix de bouger son doigt. Voici la séquence : 1. activité motrice dans le cerveau ; 2. un quart de seconde plus tard, le patient choisi consciemment de bouger un doigt ; 3. un quart de seconde plus tard, le patient bouge. L’activité motrice n’est pas la conséquence d’un choix délibéré. L’activité motrice entraine le choix.

Venez vous de dire… n’importe quoi ! D’où cela vient-il ? une réaction spontanée n’est pas raisonnée.

La raison est le fait de justifier une réaction spontanée. La raison se précipite dans les millisecondes après votre réaction instinctive. La prochaine fois que vous effectuez un jugement hâtif, demandez-vous combien de raisonnements peuvent avoir lieu le temps d’un clin d’œil.

Hey, crétin. Les pensées sont spontanées. La raison est tortueuse. La tendance à croire crée le bordel. Après, la raison trouve son chemin, convaincue de votre capacité à éliminer les mauvaises alternatives. Tout ce que vous pensez savoir est une escroquerie avec laquelle votre cerveau joue contre votre conscience. Y compris ce que vous pensez du mec qui écrit cet article.

Vous ne savez pas pourquoi vous aimez ou non les gens

Quelle confiance avez-vous en votre jugement de ma personnalité ? Ai-je l’air d’un enfoiré ou d’un embobineur avec lequel vous aimeriez diner ? Ça dépend moins de votre jugement objectif que du fait que vous avez une boisson chaude dans la main.

Des chercheurs ont demandé à des gens de participer à une étude dans laquelle ils notaient le portrait écrit d’une star. Juste avant que la moitié des cobayes s’assoit, le chercheur leur demandait : “Pouvez-vous tenir ça pendant une seconde?” cette moitié tenait la tasse chaude pendant une seconde avant de s’assoir. Et on ne le demandait pas à l’autre moitié. On demandait ensuite :

Comment appréciez vous cette personne ? Donnez une note entre 1 et 10.

Ceux qui avaient tenu la tasse de café pendant une seconde notaient la personne 20% plus haut en moyenne que ceux qui ne l’avaient pas fait.

Ceux d’entre vous qui sont en train de boire du café, ou ceux qui sont un peu plus compatissants m’aiment probablement plus que les autres. Les autres, allez vous faire foutre. (Je n’ai rien de chaud en main. Attendez, mon chien vient tout juste de s’allonger sur mes genoux. Je m’excuse de ce que je viens d’écrire. Peut-on être de nouveau en bon terme ?)

La prochaine fois que vous jugez quelqu’un, demandez vous si votre réaction se base sur un jugement ou sur votre digestion.

Le sac de nœuds dans lequel nos rêves piochent

Beaucoup de transhumanistes m’ont dit triomphalement que la nature humaine avait été laissée de côté. Alors pourquoi s’emmerdent-ils à m’en parler ? Tous les hommes accordent de l’importance à ce que les autres pensent, réagissent spontanément quand leur valeur est mise en cause, et discutent de ce qui est vrai avec les gens de leur tribu. Voyez-vous le bouton de commentaire en dessous ? Pourquoi votre chat ne le trouve pas irrésistible ? Pourquoi vous ne choisissez pas d’être un peu plus comme votre chat ? Éteignez votre cerveaux, allez au soleil, laissez tomber, et soyez satisfait.

Hey, vous lisez encore. Combien de temps avez-vous pris pour vous convaincre qu’il était temps d’arrêter de suivre les opinions des autres et de vous faire la votre ? Pourquoi le cerveau de votre chat tourne naturellement autour de la maison de Boudha, vous devez vous discipliner pour réussir ? C’est encore cette satané nature humaine. Ça ne s’estompera pas, même la partie qui désire le transcender, une particularité unique de l’homo confabulus.

Si nous pouvons nier l’entêtement de la nature humaine, nous pouvons refouler les informations qui contredisent ce que l’auteur Tamim Ansary appelle “la convoitise stérile de la transcendance” qui amène à plus d’illusion.

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